個人檔案Esquimau相片部落格清單 工具 說明
23 April

Je fais ma BA

Ma Blogitude Anonyme
 
 
ça y est mon blog devient public, j'hésite j'hésite mais moi aussi je veux passer dans Google, mais veux-je en subir les désagréments? i.e. devenir public moi-même et non plus seulement mes mots??....
 
Bref, je vais commencer à dire des choses banales et anonymes, ça me changera:
 
-Traverser la fosse du Bataclan de la gauche vers la droite ou la droite vers la gauche à 21h27 pendant le concert des Cardigans.
-Aller à une favela party à 20 min de Paris, vive la new beetle à 23h30 et la smart à 2h45.
-Prendre le métro aux Abesses à 6h36 du mat'.
-M'allonger au soleil des Tuileries sur un vert gazon à 17h21.
-Me retrouver dans les bras de Morphée à 23h54.
-Aller à l'avant première de Camping à 10h31.
-Regarder un orage laver les immeubles de la Défense à 17h00.
 
 
Oui je sais! Je suis impudique, c'est ça internet aujourd'hui, l'art de ne plus se satisfaire de ses pensées perso qui traînent dans la tête et les étaler sur un trottoir de lettres, de mots, de liens, de rétoliens, de flux sur lesquels tout le monde marche du doigt de sa souris sans y prêter attention, mais l'important c'est d'avoir participé au mouvement futilement libertaire de notre génération online, quitte à n'intéresser personne mais du moment qu'on a posté ses conneries on peut vaquer à d'autres occupations... Ou pas./
 
C'était un post de Richard Cocciante.
 
17 April

Une petite sélection

Quand on fait rien de ses journées à part envoyer des CVs

 

 

                                                  Cinéma

 

-Jean-Philippe, de laurent Tuel, avec Fabrice Lucchini et Johnny Hallyday

OUI

Pour peu que vous soyez un peu sensibles au talent théâtral de l’un ou musical de l’autre, ce film est à voir pour sourire un peu et rire parfois au cours de ce film, très simple, très accessible, très léger, mais pas con. En gros ça fait plaisir, on passe un bon moment, surtout grâce à Lucchini d’ailleurs qui en fait juste trop pour combler le trop peu de Johnny…

 

-Le nouveau monde, de Terence Malick, avec Colin Farell, Pocahontas et Christian Bale

MOUAIS

Je dis ok car il s’agit du genre de film qui ne vous laisse pas le même avant et après l’avoir vu, il vous touche, même s’il ne fait pas l’unanimité. Là encore faute à la promotion de ce film, qui prétend fournir un grand spectacle sur la conquête du nouveau monde, sur fond d’histoire à la Pocahontas, avec ce qu’on peut attendre de la patte de Malick pour justement y apporter quelque chose de différent. Ben non c’est pas trop ça, il faut y aller dans un certain état esprit, pas fatigué déjà parce que c’est très long et les mauvaises langues diront qu’il ne se passe rien, l’ensemble des dialogues réunit sur une page. Or ce film est, il faut le reconnaître, une vraie poésie visuelle, où le décor et les paysages tiennent une place aussi importante que les acteurs. Ayant tellement de niveaux de lecture différents, c’est le genre de film qui gagne énormément à partir du deuxième visionnage, où on oubliera ce à quoi on s’attendait en y allant la première fois. Bref, c’est une expérience, une sensation (à proscrire en dehors d’une salle de cinéma) qui peut déplaire mais qui trouble à coup sûr, pour peu qu’on ouvre les yeux, qu’on écoute et qu’on se laisse porter par la magie et le génie de Terence Malick.

 

-Walk The Line, de James Mangold, avec Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon

OUI

Bon déjà ce n’est pas l’histoire d’un chanteur de country redneck, mais la vie mouvementée, troublante de Johnny Cash, chanteur mondialement connu (enfin moi je connaissais pas) devenu rock star, interprété à merveille par Joaquin Phoenix, et de sa passion pour June Carter superbement interprétée par Reese Witherspoon. La BO est top, tous ces tubes qu’on a déjà entendu quelque part et qui sont l’œuvre de Johnny Cash. Bref, aller voir un film sur un foutu chanteur que je ne connaissais pas et le trouver quand même passionnant c’est une preuve suffisante pour dire qu’il s’agit d’un très bon film, porté par des acteurs, une histoire et une BO qui tiennent vraiment la route (66…).

 

-Inside Man, de Spike Lee, avec Clive Owen, Denzel Washington et Jodie Foster (autre autres)

OUI

Ok c’est encore un putain de film de braquage, encore un putain de film à New York, et encore un putain de film avec Denzel Washington en flic honnête et plein de convictions… Ou alors c’est aussi un film de Spike Lee, même si c’est une commande des studios, avec un casting génial et surtout un scénario à la Usual Suspect qui fait mouche. On ne lâche rien, on se creuse la tête, il n’y a pas à dire c’est très très bien foutu, ça fonctionne et c’est tout ce qu’on demande à ce film divertissant, très bien joué, avec la dose de ce qu’il faut pour voir que c’est quand même un film de Spike Lee. On s’ennuie pas, si ça ne marche pas au ciné ça va faire un malheur dans la vidéo clubs je vous le dis.

 

                                             Télévision

 

-Prison Break, FOX

OUI

Un homme se fait volontairement incarcéré dans la même prison que son frère, condamné à mort pour un crime qu’il n’a pas commis, dans le but d’organiser son évasion de l’intérieur…

Le contexte carcéral n’est pas sans rappeler la série Oz, et notamment grâce à un casting formidable de « gueules » et à des personnages bien construits.

Une atmosphère sombre, une enquête sinueuse, un complot national font de cette série un vrai bijou au scénario et au suspense implacables, surpassant 24 dans ses rebondissements.

Une véritable touche de réalisme et d’efficacité pour la 1e saison de cette nouvelle série qui ne vous lâche plus l’instant où vous rentrez dedans. Du grand art.

 

 

                                           Littérature

 

-La tragédie du président, Franz Olivier-Giesbert

MOUAIS

Je vous en dirai plus quand j'aurai fini le bouquin, compris toutes les private jokes politiques et relu toute l'histoire de la 5e république, parce que là sinon je suis un peu largué... 

 

-Lunar Park, Bret Easton Ellis

MOUAIS

Sans la force et l’ironie d’un Glamorama ou d’un American Psycho, Lunar Park apparaît comme un ovni parmi les œuvres de cet écrivain, une sorte de tentative de se détacher de ses précédents romans et de l’esprit dans lequel ils l’avaient enfermé grâce auquel avait obtenu son succès critique et public.

Livre de la maturité comme disent certains, qui se veut hors d’une logique commerciale mais le devient au final en étant un coup éditorial parce Bret Easton Ellis a soi-disant changé, arrêté la drogue et les frasques en tout genre…

Le livre commence bien, ressemblant étrangement à une autobiographie, mais qui évolue au fur et à mesure du récit en conte fantastique rappelant Stephen King. Plutôt agréable à lire, mais justement trop pour être dans la trempe de ce que l’on apprécie dans le style de Ellis.

Elu meilleur livre de l’année par la revue LIRE, j’espère qu’il ne s’agit simplement que d’un bilan à mi-parcours plus qu’une déviation vers un autre style de roman.

Rien de trop décevant non plus, à part l’impression que Ellis ne s’adresse plus au même public. Il ne faut juste pas faire de pause trop longue quand on s’y attaque de peur de ne plus arriver à vraiment de replonger dans l’histoire, qui n’est d’ailleurs pas mal foutue.

Un bel exercice pour l’écrivain, qui prend du recul sur lui-même avec humour et décalage, mais on en attendait plus de sa part, pour un auteur comme lui qui se fait attendre à chacun de ses livres. Je conseille, mais pas sans avoir lu d’abord ses précédents romans.

 

-J’étais derrière toi, Nicolas Fargues

OUI

Si ce bouquin touche autant, c’est peut-être parce qu’on y perçoit des détails qui dressent inévitablement un parallèle avec des histoires vécues lors de relations, un peu compliquées ou conflictuelles… le genre de chose, très léger cela dit, qui appuie sur le bon bouton dans notre tête pour nous faire dire à nous-mêmes « j’avais raison de penser ça tiens, je suis pas le seul à le vivre… ». Relativisons quand même, il s’agit d’un récit sur la perte de l’innocence, de la confiance, sur la rancœur, la culpabilité, le doute, le mensonge, l’égoïsme, la domination, toutes ces choses qui provoquent la chute d’un couple, raconté par l’auteur comme un témoignage, une confession au lecteur. C’est se rendre compte que certaines personnes ne peuvent vivre ensemble, malgré les efforts. L’histoire de la poule et de l’œuf, qui dans le couple a commencé, a provoqué et accéléré l’effondrement d’un couple par ses choix, ses erreurs, ses mensonges. C’est le récit de la ruine d’un couple dont les protagonistes, en pleine crise de la trentaine, sont en proie à leur démons qui les amènent se détacher, à passer de l’amour à la haine, et à découvrir l’amour autrement ailleurs… Fargues pose les bonnes questions : Doit-on tout se dire ? Peut-on pardonner totalement l’infidélité et le mensonge ?

 

-Récit d’un branleur, Samuel Benchetrit

OUI

Dans un tout autre registre, autrement plus léger, ce livre n’apporte pas ce à quoi on s’attend en lisant le titre, car on se dit qu’il s’agit encore une fois du récit des aventures d’un jeune parisien friqué qui s’ennuie ferme dans sa vie et multiplie les faux coups de gueule contre sa vie de nouveau riche en enfonçant des portes ouvertes... Ben non, le titre décrit tout simplement tout le livre, même s’il s’agit bien de l’histoire d’un type qui s’ennuie, mais qui s’ennuie parce qu’il n’a d’autre ambition dans la vie que se lever le matin, et ne sachant rien faire de ses dix doigts, passe son temps à remuer dans sa tête ses rêves qu’il ne réalisera jamais car trop paresseux. On se trouve justement dans sa tête, où le narrateur est le héros lui-même, évoquant et commentant lamentablement sa vie ratée. D’un style spontané, direct et drôle, on ne se lasse pas des aventures quotidiennes de ce pauvre type, si brave et si franc sur la société, sa non-vie et sur lui-même qu’il en devient attachant. Pour tous ceux qui savent de ce que c’est de ne rien avoir à foutre de la journée, et surtout de ne rien vouloir en foutre, je vous garantie que cela vous tirera quelques sourires dans le métro.

 

-Cavalcade, Bruno de Stabenrath

OUI

L’histoire vraie d’un chanteur jet-setteur devenu paraplégique à la suite d’un accident de voiture. Ou comment raconter l’enfer vécu, dans sa tête, lorsqu’il découvre qu’il ne pourra plus marcher et se servir de ses mains, envoyant valser toute sa vie et ses rêves, laissant place à des désillusions, défaites et un combat de tous les jours. C’est le témoignage émouvant de l’intérieur, sur ce que peut être la vie d’un paralysé, depuis l’accident, le quotidien à l’hôpital de Garches, la rééducation et le retour à la vie. Une belle leçon de courage, sans doute bien romancée, sur la nouvelle vie d’un homme qui avait tout pour lui avant l’accident, mais menant une vie matérialiste et superficielle, et qui redécouvre la relation avec les autres et quelque chose de plus spirituel. Bref, en plus ce n’est pas triste un instant, c’est léger, marrant, touchant, plein de références et d’anecdotes qui font voir ce genre de tragédie sous un autre œil.

Week-end avant la rentrée des classes

Un week-end comme un autre, mais qui a tous les attributs d’une retraite littéraire (j’ai l’impression d’être un écrivain à Misery, en manque d’inspiration, se retirant de la vie parisienne pour retrouver la talent de sa jeunesse… bref).

 

Une retraite littéraire donc, tant pour le fameux bilan estudiantin que je dois réaliser afin d’être diplômé (m’obligeant à revenir sur mes 6 années d’études et surtout le pourquoi du comment des 20000 euros claqués dans cette école de la région Rhône Alpes), mais aussi pour l’atmosphère régnant ici : Lire les deux tiers de la journée sur une terrasse ensoleillée, le silence pour seul compagnon (et c’est tant mieux), sauf à cet instant précis où Belle & Sebastian me font le plaisir de jouer rien que pour moi dans ma chambre.

 

Rendez-vous compte, la douce impression de se lever le matin en se disant que l’on est en convalescence et que toutes les voitures de Paris ont disparu, ou l’impression d’être à la fin d’un été avant la rentrée des classes, mais non c’est juste la conne constatation qu’on est en Bretagne hors saison, et que si on sort dehors le soleil fait acte de présence sans pour autant nous faire transpirer…

 

La rentrée des classes, c’est mardi prochain, le 18 avril, mardi prochain commence vraiment 2006 en fait, et non le 1er janvier, c’est ma révolution de résolution à moi : ne pas commencer l’année comme un exercice comptable, mais quand je veux, voilà, j’emmerde le calendrier moi. Car là, on peut le dire c’est le week-end de la matûrité (j’adooore cette expression, tellement télé-presse-radio), c’est enfin le bilan : les études, les histoires de 2005 tout ça c’est enfin terminé, c’est le début d’autre chose, et même si ça ressemble à tout ce que j’ai déjà fait, ça en a en tout cas le goût. Une sensation pure (de produits laitiers) et tant attendu de passer à autre chose et zapper ce qui a pourri 2005, en me promettant de ne pas refaire les mêmes erreurs, « apprendre par l’expérience » était un cours à l’EM, je l’ai pas pris mais j’ai appris quand même, surtout dans la gueule.

 

Conclusion je suis bien où je suis, à ma place, sorti du marasme. Pas de maladie encore déclarée, pas de maladie d’amour non plus. Seul et bien, j’emmerde les autres. Je suis content et m’en contente, satisfait d’avoir appris et d’avoir encore à apprendre. C’est un luxe j’en suis conscient et je savoure avec délectation cette sensation à mesure que le soleil disparaît derrière ce nuage et que je commence à me peler le cul… De retour à Paris je vais vouloir repartir, c’est bientôt l’été, enfin, et ça va jouer sur le moral.

On mélange tout ça avec un peu de bonne étoile (puisque apparemment j’en ai une) et un peu de bol de cocu (parce que je suis pas loin de l’être, ou en tout cas c’est à peu près la même chose), et voilà c’est prêt à déguster, bon appétit.